Sucre et santé dentaire : pourquoi c'est le pire ennemi de vos dents
Sommaire
- Sucre et santé dentaire : le lien en quelques faits
- Ce qui se passe dans la bouche quand vous mangez du sucre
- Streptococcus mutans : le véritable responsable des caries
- La fréquence compte plus que la quantité
- Enfants et sucre : pourquoi l'émail de lait est plus vulnérable
- L'érythritol, polyol non cariogène : ce que disent les études
- Hygiène dentaire et alimentation : le duo gagnant
- FAQ
- Glossaire
- Sources
Le sucre est le premier facteur alimentaire de la maladie chronique la plus répandue au monde. Selon l'Organisation mondiale de la santé, 2 milliards d'adultes vivent avec des caries sur leurs dents définitives et 510 millions d'enfants sur leurs dents de lait. En France, le coût des soins dentaires curatifs dépasse désormais les 15 milliards d'euros par an, selon la note de cadrage 2025 de la Haute Autorité de Santé.
La carie dentaire est une maladie infectieuse et multifactorielle provoquée par la production d'acides par les bactéries de la plaque dentaire, à partir des sucres alimentaires. Ce n'est pas le sucre qui « abîme » directement l'émail. C'est ce qu'il fait faire aux bactéries déjà installées dans votre bouche. Et c'est cette distinction qui change tout dans la façon de s'en protéger.
En bref : chaque prise sucrée déclenche une chute du pH buccal qui dissout l'émail pendant 20 à 40 minutes (courbe de Stephan). L'OMS recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % de l'apport énergétique quotidien, idéalement 5 %. La fréquence de consommation importe davantage que la quantité totale. Les polyols, en particulier l'érythritol, ne sont pas métabolisés par Streptococcus mutans et peuvent réduire significativement la formation de plaque et le développement de caries (étude Honkala, 3 ans, 485 enfants).
Sucre et santé dentaire : le lien en quelques faits
Avant les explications, posons les chiffres. Selon l'OMS, près de 3,5 milliards de personnes dans le monde souffrent d'affections bucco-dentaires, soit 45 % de l'humanité. Les caries non traitées des dents définitives constituent la maladie non transmissible la plus courante sur la planète. La Région Europe affiche les taux de prévalence les plus élevés au monde.
En France, 20 à 30 % des adultes dépassent la limite de 100 g de sucres totaux par jour fixée par l'ANSES. La consommation moyenne en sucres libres atteint 52 g par jour chez l'adulte, soit deux fois la cible santé de 25 g recommandée par l'OMS. Les enfants, particulièrement exposés via les boissons sucrées, les céréales du petit-déjeuner et les goûters industriels, sont la cible prioritaire du programme national « Génération sans caries » lancé dans le cadre de la convention dentaire 2023–2028.
Le mécanisme est connu depuis 1943, date à laquelle Robert Stephan a publié la courbe qui porte son nom. En 80 ans, la démonstration n'a pas été remise en cause. Ce qui a évolué, en revanche, ce sont les outils pour neutraliser ce mécanisme : fluoration, hygiène, et surtout, depuis une vingtaine d'années, l'utilisation ciblée de polyols comme le xylitol et l'érythritol.
Ce qui se passe dans la bouche quand vous mangez du sucre
La courbe de Stephan : 20 à 40 minutes d'attaque acide
Le pH de la salive au repos se situe autour de 6,8 à 7,2, c'est-à-dire proche de la neutralité. Dès qu'un aliment sucré entre en contact avec la plaque dentaire, les bactéries présentes métabolisent les sucres en acide lactique. En quelques minutes, le pH à l'interface plaque-émail chute sous le seuil critique de 5,5, valeur en dessous de laquelle l'hydroxyapatite de l'émail commence à se dissoudre.
La courbe de Stephan décrit cette cinétique précise : chute brutale du pH dans les 2 à 5 minutes qui suivent la prise, maintien sous le seuil critique pendant 20 à 40 minutes, puis remontée progressive grâce à l'effet tampon de la salive. Pendant toute cette fenêtre, l'émail se déminéralise. Entre deux attaques, la salive apporte des ions calcium et phosphate qui reminéralisent partiellement les zones touchées. Le processus est un équilibre.
Cet équilibre bascule dès que la fréquence des prises sucrées dépasse la capacité de réparation de la salive. C'est à ce moment que la déminéralisation nette l'emporte sur la reminéralisation, et que la lésion carieuse s'installe.
De la tache blanche au stade ultime
Une carie ne commence pas par une cavité. Elle commence par une simple tache blanche opaque sur l'émail, appelée lésion initiale ou white spot. À ce stade, la lésion est encore réversible : un bon brossage, une application de fluor, une réduction des apports en sucre suffisent à rétablir l'équilibre minéral.
Sans intervention, la lésion progresse :
| Stade | Zone touchée | Signes | Réversible ? |
|---|---|---|---|
| 1. Tache blanche | Émail superficiel | Aucun symptôme | Oui, par reminéralisation |
| 2. Cavité de l'émail | Émail profond | Sensibilité au froid/sucre | Non, traitement restaurateur |
| 3. Atteinte dentinaire | Dentine | Douleur au froid, au sucré | Non |
| 4. Atteinte pulpaire | Pulpe (nerf) | Douleur spontanée, pulpite | Dévitalisation nécessaire |
| 5. Complication | Os, parodonte | Abcès, cellulite | Traitement d'urgence |
Le passage du stade 1 au stade 2 peut prendre des mois. Le passage du stade 3 au stade 4, souvent quelques semaines si l'hygiène et l'alimentation ne changent pas. D'où l'importance des rendez-vous de contrôle annuels recommandés par l'UFSBD.
Streptococcus mutans : le véritable responsable des caries
Une bactérie spécialisée dans le sucre
Streptococcus mutans est une bactérie anaérobie facultative, découverte en 1924 par J. Kilian Clarke. Elle est aujourd'hui reconnue comme le principal agent étiologique de la carie dentaire. Son habitat naturel est la cavité buccale humaine. Sa transmission se fait principalement de la mère à l'enfant dans les premières années de vie (fenêtre critique entre 19 et 31 mois).
« Le saccharose, principal sucre responsable des caries, est rapidement métabolisé par Streptococcus mutans, qui produit une abondante quantité d'acide lactique et prospère dans l'environnement acide qu'il génère. » — Wikipedia — Streptococcus mutans, synthèse des données microbiologiques.
Le génie métabolique de cette bactérie tient à trois propriétés :
- Elle fabrique des glucanes insolubles à partir du saccharose, grâce à des enzymes appelées glucosyltransférases (GTF). Ces glucanes forment la matrice collante de la plaque dentaire et permettent à la bactérie d'adhérer à la surface de l'émail.
- Elle est acidurique : elle continue à produire de l'acide même dans un environnement très acide, là où d'autres bactéries buccales sont inhibées.
- Elle fermente une large gamme de sucres : saccharose, glucose, fructose, mais aussi sorbitol (lentement).
Ce qu'elle ne peut pas métaboliser
Streptococcus mutans ne métabolise ni le xylitol ni l'érythritol. C'est une différence décisive. Lorsque ces polyols sont présents, la bactérie les absorbe (pour le xylitol) ou les ignore (pour l'érythritol), ne produit pas d'acide à partir d'eux, et voit même sa croissance inhibée dans certaines conditions.
Une étude publiée dans BMC Microbiology en 2020 (PubMed 32600259) a montré que le xylitol et l'érythritol inhibent la formation de biofilm en temps réel chez toutes les souches testées de S. mutans. Les auteurs précisent que l'effet n'est pas seulement dû à une baisse du nombre de cellules viables, mais aussi à une altération de la capacité d'adhérence du biofilm. En d'autres termes : la plaque se forme moins bien et tient moins bien.
Le rôle des autres bactéries
Streptococcus mutans n'est pas seul. Les lactobacilles (notamment Lactobacillus acidophilus) prennent le relais dans les lésions carieuses avancées, et certaines bactéries anaérobies strictes sont impliquées dans les caries radiculaires. Mais sur le versant prévention, c'est bien S. mutans qui reste la cible principale.
La fréquence compte plus que la quantité
Voici le point que la plupart des personnes ignorent : deux carrés de chocolat mangés en même temps font moins de dégâts qu'un bonbon toutes les heures, même si la quantité totale de sucre est la même.
La raison tient à la courbe de Stephan. Chaque prise sucrée, même infime, déclenche une nouvelle attaque acide de 20 à 40 minutes. Si vous grignotez quatre fois dans la matinée, votre émail passe environ 2 heures cumulées sous le seuil critique de 5,5. Sur une journée, cela représente un temps de déminéralisation supérieur au temps de reminéralisation possible. L'équilibre bascule.
Concrètement :
- ✅ Moins cariogène : un dessert sucré à la fin du repas, accompagné d'eau.
- ❌ Très cariogène : un soda sirotté sur 30 minutes, un café sucré toutes les 2 heures, des bonbons étalés dans la matinée.
Le grignotage est l'ennemi numéro un de l'émail, bien devant la quantité brute ingérée. C'est aussi pour cette raison que les boissons sucrées (sodas, jus de fruits, eaux aromatisées sucrées) concentrent plusieurs facteurs de risque : sucre + acidité + durée d'exposition prolongée.
⚠️ Attention : les jus de fruits 100 % pur jus sont souvent présentés comme un choix sain. Du point de vue dentaire, ils sont classés parmi les sucres libres par l'OMS au même titre que les sodas. Leur pH acide (entre 3,5 et 4) et leur teneur en sucres (environ 10 g/100 mL) en font une boisson aussi cariogène qu'un soda.
Enfants et sucre : pourquoi l'émail de lait est plus vulnérable
L'émail des dents de lait est deux fois plus fin que celui des dents définitives, et moins minéralisé. Une carie y progresse plus vite, et peut atteindre la pulpe en quelques mois. L'UFSBD rappelle que « les dents de lait sont plus fragiles que les dents permanentes, ce qui facilite la déminéralisation de l'émail, premier stade d'une carie ».
La carie du biberon : un cas d'école
La carie précoce de l'enfance (CPE), autrefois appelée « carie du biberon », concerne les enfants exposés à des boissons sucrées prolongées, particulièrement au coucher. Lait infantile sucré, jus de fruits au biberon, sirops, eaux sucrées : pendant que l'enfant dort, la production salivaire chute, le pH reste acide des heures durant, et les incisives supérieures sont détruites en quelques mois. C'est une pathologie évitable à 100 %.
Règles pratiques recommandées par l'UFSBD :
- Pas de boissons sucrées au biberon (ni au coucher, ni en continu dans la journée).
- Pas de biberon sucré la nuit après l'apparition des premières dents (6-8 mois).
- Pas de boissons sucrées aux enfants de moins de 2 ans, recommandation confirmée par l'OMS.
- Brossage dès la première dent, deux fois par jour, avec un dentifrice fluoré adapté à l'âge.
Bonbons, goûters et « sucreries cachées »
Les produits industriels destinés aux enfants concentrent souvent des sucres cachés : yaourts aux fruits (12 à 15 g de sucre par pot), céréales du petit-déjeuner (jusqu'à 30 g / 100 g), compotes sucrées, biscuits secs. Un enfant de 6 ans qui consomme un bol de céréales chocolatées, un yaourt sucré et un jus de fruit au petit-déjeuner ingère déjà plus de 35 g de sucres libres — soit 140 % de la recommandation quotidienne OMS pour un adulte.
Le repère simple à retenir : un aliment destiné aux enfants qui contient plus de 10 g de sucres pour 100 g est à considérer comme un produit sucré occasionnel, pas comme un aliment du quotidien.
L'érythritol, polyol non cariogène : ce que disent les études
Le mécanisme : zéro carburant pour S. mutans
L'érythritol est un polyol (ou alcool de sucre) présent naturellement dans le melon, la poire, le raisin et certains aliments fermentés. Au plan dentaire, il possède trois propriétés qui l'opposent diamétralement au saccharose :
- Streptococcus mutans ne peut pas le métaboliser en acide lactique. Pas de carburant, pas d'acide.
- Il inhibe la formation de biofilm en altérant les mécanismes d'adhésion de la bactérie.
- Il peut pénétrer dans les cellules bactériennes et y perturber le métabolisme sans pouvoir être dégradé, ce qui ralentit leur croissance.
L'étude Honkala-Mäkinen : 485 enfants, 3 ans d'intervention, 3 ans de suivi
Publiée dans Caries Research en 2016, l'étude de Sisko Honkala et Kauko Mäkinen (PubMed 27806364) reste la référence mondiale. Protocole : 485 enfants estoniens de 7-8 ans, répartis en trois groupes (érythritol, xylitol, sorbitol), bonbons distribués les jours d'école pendant 3 ans (3 × 2,5 g par jour), puis 3 ans de suivi sans intervention.
Résultats principaux :
- Le temps avant apparition d'une carie sur l'émail ou la dentine est significativement plus long dans le groupe érythritol que dans le groupe sorbitol (contrôle).
- Le nombre d'interventions dentistes est réduit dans le groupe érythritol par rapport aux deux autres groupes.
- La plupart des effets persistent 3 ans après l'arrêt de la consommation quotidienne de polyols, signe d'une modification durable de la flore buccale.
Une méta-analyse publiée en 2016 dans Advances in Nutrition (PMC 5011233) conclut à l'efficacité supérieure de l'érythritol :
« L'érythritol s'avère plus efficace que le xylitol et le sorbitol pour maintenir et améliorer la santé bucco-dentaire. Chez les adolescents, 6 mois de consommation réduisent la plaque dentaire de 30 % (contre 13 % pour le xylitol, effet non significatif pour le sorbitol). »
Tableau comparatif : impact sur le pH buccal et la plaque
| Substance | Métabolisé par S. mutans | Chute du pH sous 5,5 | Effet sur la plaque | Statut dentaire |
|---|---|---|---|---|
| Saccharose (sucre de table) | Oui, rapidement | Oui, 20-40 min | Favorise la formation | Cariogène |
| Fructose (jus de fruits) | Oui | Oui | Favorise la formation | Cariogène |
| Sorbitol | Oui, lentement | Modérée | Neutre | Faiblement cariogène |
| Xylitol | Non | Non | Réduit (-13 %) | Cariostatique |
| Érythritol | Non | Non | Réduit (-30 %) | Cariostatique, potentiellement protecteur |
| Stévia | Non (édulcorant intense) | Non | Neutre | Non cariogène |
Source : synthèse à partir de Honkala et coll. 2016, de Cock et coll. 2016, et Kõljalg et coll. 2020.
Remplacer le sucre par un substitut non cariogène
Dans une logique de prévention, remplacer progressivement le sucre ajouté par un substitut non cariogène agit à la source du problème. Les pâtisseries, les desserts, les boissons chaudes sucrées et les préparations maison sont les premiers postes à faire évoluer, car ils concentrent souvent les apports les plus denses en saccharose. Pour comprendre le fonctionnement des polyols dans l'organisme, notre dossier érythritol : ce que la science dit vraiment détaille les données d'absorption, de sécurité et d'innocuité. Pour ceux qui cherchent à alléger leur alimentation globale, l'article diabète de type 2 et sucre apporte des gestes quotidiens transférables à la santé dentaire.
💡 Bon à savoir : un chewing-gum au xylitol ou à l'érythritol pris après un repas stimule la salivation (remontée du pH) et fournit en même temps un substrat non métabolisable par S. mutans. Double bénéfice. C'est une recommandation de l'UFSBD dans le cadre d'une hygiène bucco-dentaire complète.
Hygiène dentaire et alimentation : le duo gagnant
Aucune alimentation parfaite ne compense un brossage absent. Et aucun brossage parfait ne compense un grignotage sucré permanent. Les deux piliers sont indissociables.
Les fondamentaux de l'hygiène (recommandations UFSBD)
- Deux brossages par jour de 2 minutes, matin et soir, avec un dentifrice fluoré (1 000 ppm pour les 0-6 ans, 1 450 ppm au-delà).
- Fil dentaire ou brossette interdentaire chaque soir pour accéder aux zones que la brosse ne nettoie pas.
- Consultation annuelle chez un chirurgien-dentiste, dès l'âge de 1 an pour les enfants.
- Bain de bouche en complément si prescrit, jamais en substitution.
Les fondamentaux alimentaires
- Limiter la fréquence des prises sucrées : au maximum trois moments sucrés dans la journée, idéalement en fin de repas.
- Supprimer les boissons sucrées entre les repas : pas de soda sirotté, pas de jus de fruits toute la matinée.
- Boire de l'eau en dehors des repas — le meilleur rinçage physiologique qui existe.
- Basculer les recettes maison (gâteaux, desserts, boissons chaudes) vers des substituts non cariogènes.
- Préférer un dessert sucré en fin de repas, quand la production salivaire est maximale et que le pH se neutralise plus vite.
Le timing du brossage
Contrairement à une idée reçue tenace, il ne faut pas se brosser les dents immédiatement après avoir consommé un aliment acide (fruit, jus, soda, vin). L'émail est alors temporairement ramolli par l'acide ; un brossage immédiat l'abrase. Attendre 30 minutes que la salive neutralise le pH, ou rincer à l'eau en attendant.
Le fluor, pierre angulaire de la prévention
Le fluor agit à trois niveaux : il favorise la reminéralisation de l'émail, il forme une fluorapatite plus résistante aux acides que l'hydroxyapatite d'origine, et il inhibe partiellement l'activité métabolique de S. mutans. Les recommandations HAS et UFSBD convergent sur l'usage d'un dentifrice fluoré dès l'apparition de la première dent, à doses adaptées à l'âge.
FAQ
Le sucre provoque-t-il directement les caries ?
Non. Le sucre ne ronge pas l'émail. Il sert de carburant aux bactéries cariogènes, en particulier Streptococcus mutans, qui le transforme en acide lactique. C'est cet acide qui dissout l'émail lorsque le pH buccal descend sous 5,5. Sans bactéries, pas de carie ; sans sucre, les bactéries restent peu actives. C'est le trio bactéries + sucre + temps qui produit la lésion carieuse.
Combien de sucre par jour sans risquer les caries ?
L'OMS recommande moins de 10 % de l'apport énergétique quotidien sous forme de sucres libres, idéalement moins de 5 %, soit environ 25 g par jour pour un adulte. Pour les enfants, la cible est encore plus basse. Au-delà de la quantité, la fréquence compte : mieux vaut un dessert en fin de repas qu'un grignotage sucré étalé sur la journée.
L'érythritol est-il vraiment protecteur pour les dents ?
Les études convergent. L'érythritol n'est pas métabolisé par Streptococcus mutans, inhibe la formation de biofilm et réduit significativement la quantité de plaque dentaire. L'étude de Honkala et Mäkinen (485 enfants, 3 ans) a montré un délai d'apparition des caries significativement plus long dans le groupe érythritol, avec un effet qui persiste 3 ans après l'arrêt de la consommation. Ces résultats le classent parmi les polyols cariostatiques, c'est-à-dire capables de ralentir ou prévenir la formation de caries.
Faut-il se brosser les dents après chaque repas ?
Deux brossages par jour de 2 minutes, matin et soir, suffisent pour la plupart des personnes selon l'UFSBD. Un brossage supplémentaire après le déjeuner est utile pour ceux qui consomment des aliments sucrés au repas de midi, mais il faut attendre 30 minutes si le repas contenait des aliments ou boissons acides (fruits, jus, sodas, vin). Brosser immédiatement sur un émail acidifié aggrave l'usure.
Les édulcorants sont-ils tous non cariogènes ?
Oui pour les principaux édulcorants reconnus : érythritol, xylitol, stévia, sucralose, aspartame. Aucun de ces produits ne fournit un substrat utilisable par Streptococcus mutans. L'érythritol et le xylitol vont plus loin en inhibant activement la formation de biofilm, ce qui leur confère un statut cariostatique démontré par les études cliniques. Le sorbitol, en revanche, est métabolisé lentement par S. mutans et ne protège pas les dents.
Les caries sont-elles héréditaires ?
La susceptibilité à la carie est en partie génétique (qualité de l'émail, composition salivaire), mais les facteurs environnementaux dominent : alimentation, hygiène, fluoration, transmission bactérienne mère-enfant. Une mère porteuse d'une forte charge en S. mutans transmet plus facilement la bactérie à son enfant (fenêtre critique entre 19 et 31 mois). Réduire cette transmission (hygiène maternelle pendant la petite enfance) est une mesure préventive validée.
Glossaire
Acidurique : qualifie une bactérie capable de survivre et de produire des acides dans un environnement déjà acide. Streptococcus mutans est l'un des principaux micro-organismes acidurogènes et aciduriques de la cavité buccale.
Cariogène : propriété d'un aliment ou d'une substance qui favorise la formation de caries. Le saccharose, le glucose et le fructose sont cariogènes ; les polyols comme l'érythritol et le xylitol ne le sont pas.
Cariostatique : propriété d'une substance qui inhibe le développement des caries. Le xylitol et l'érythritol sont cariostatiques car ils ne nourrissent pas les bactéries cariogènes et inhibent la formation de biofilm.
Carie dentaire : maladie infectieuse multifactorielle provoquée par la déminéralisation progressive de l'émail puis de la dentine, sous l'action des acides produits par les bactéries de la plaque à partir des sucres alimentaires.
Courbe de Stephan : représentation graphique de l'évolution du pH buccal après une prise sucrée. Décrite en 1943 par Robert Stephan, elle montre une chute rapide sous le seuil critique de 5,5 pendant 20 à 40 minutes, suivie d'une remontée progressive.
Déminéralisation : perte de minéraux (calcium, phosphate) de l'émail dentaire sous l'action d'un pH acide. Stade initial et réversible de la carie.
Émail : tissu le plus dur du corps humain, composé à 96 % de cristaux d'hydroxyapatite. Recouvre la couronne dentaire. Non vascularisé, non innervé, il ne se régénère pas en cas de perte importante.
Fluorapatite : forme minérale plus résistante aux acides que l'hydroxyapatite naturelle, formée quand le fluor remplace des groupes hydroxyles dans la structure cristalline de l'émail.
Hydroxyapatite : cristal minéral principal de l'émail et de la dentine, de formule Ca₁₀(PO₄)₆(OH)₂. Se dissout en dessous d'un pH de 5,5.
Plaque dentaire (biofilm) : communauté bactérienne adhérente à la surface des dents, organisée dans une matrice de polysaccharides. Elle se reforme en quelques heures après le brossage.
Polyol : famille d'alcools de sucre (sorbitol, xylitol, érythritol, maltitol) utilisés comme édulcorants. Plusieurs polyols (xylitol, érythritol) sont non cariogènes voire cariostatiques.
Reminéralisation : processus de reconstitution des minéraux de l'émail grâce aux ions calcium et phosphate apportés par la salive, favorisé par le fluor.
Streptococcus mutans : bactérie Gram+ anaérobie facultative, principal agent étiologique de la carie dentaire. Produit de l'acide lactique à partir du saccharose et synthétise des glucanes qui permettent l'adhésion du biofilm.
Sucres libres (définition OMS) : sucres ajoutés par le fabricant, le cuisinier ou le consommateur, plus les sucres naturellement présents dans le miel, les sirops et les jus de fruits. Excluent les sucres des fruits entiers et le lactose du lait.
Sources
Organisation mondiale de la santé (OMS), Sucres et caries dentaires — Note d'information, 2017. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/sugars-and-dental-caries
Organisation mondiale de la santé (OMS), Santé bucco-dentaire — Principaux repères, mise à jour 2024. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/oral-health
OMS Europe, L'OMS/Europe appelle à agir d'urgence alors que la Région européenne enregistre les taux de prévalence les plus élevés au monde, avril 2023. https://www.who.int/europe/fr/news/item/20-04-2023-who-europe-calls-for-urgent-action-on-oral-disease-as-highest-rates-globally-are-recorded-in-european-region
Haute Autorité de Santé (HAS), Stratégies de prévention de la carie dentaire — Note de cadrage, novembre 2025. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3737852/fr/strategies-de-prevention-de-la-carie-dentaire-actualisation-des-recommandations-de-sante-publique
UFSBD (Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire), Fiche conseil : Alimentation et carie chez l'enfant. https://www.ufsbd.fr/wp-content/uploads/2017/01/ficheAlimentation-carie-enfant_251116.pdf
UFSBD, Les dents de votre enfant de la naissance à 6 ans — Fiche conseil, 2024. https://www.ufsbd.fr/wp-content/uploads/2024/07/ufsbd-fiche-conseil-patient-Enfant-naisssance-6ans.pdf
Honkala S., Runnel R., Saag M., Mäkinen K.K. et coll., Long-Term Effect of Erythritol on Dental Caries Development during Childhood: A Posttreatment Survival Analysis, Caries Research, 2016. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27806364/
Runnel R., Mäkinen K.K., Honkala S. et coll., Effect of erythritol and xylitol on dental caries prevention in children, Caries Research, 2014. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24852946/
de Cock P., Mäkinen K., Honkala E., Saag M., Kennepohl E., Eapen A., Erythritol Is More Effective Than Xylitol and Sorbitol in Managing Oral Health Endpoints, International Journal of Dentistry, 2016. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5011233/
Kõljalg S. et coll., Xylitol and erythritol inhibit real-time biofilm formation of Streptococcus mutans, BMC Microbiology, 2020. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32600259/
ANSES, Sucres dans l'alimentation — Actualisation des repères du PNNS. https://www.anses.fr/en/content/sugar-food
Institut national de la consommation, Les Français et le sucre. https://www.inc-conso.fr/content/les-francais-et-le-sucre
Süvy : remplacer le sucre, un geste pour vos dents aussi
Chaque cuillère de sucre ajouté dans votre café, votre yaourt ou votre pâtisserie maison déclenche une attaque acide de 20 à 40 minutes sur votre émail. Remplacer ce sucre par un substitut non cariogène est un geste simple, qui agit à la source du mécanisme carieux — sans rien sacrifier du goût ni du plaisir.
Süvy est le premier remplaçant du sucre au monde, fruit de 7 ans de recherche par les Laboratoires Innovi. 100 % naturel, sans calorie vide, sans pic glycémique, non cariogène, il reproduit toutes les fonctions du sucre — goût, texture, caramélisation — sans en avoir les inconvénients.