Sport et sucre : faut-il vraiment des glucides pour performer ?
Sommaire
- Sport et glucides : ce qu'il faut vraiment comprendre
- Combien de glucides selon votre type de sport ?
- Le mythe du pain avant le sport
- Glucides pendant l'effort : contexte compétitif vs sportif amateur
- Récupération : la fameuse fenêtre métabolique
- Sucre de compétition vs sucre quotidien : la confusion à lever
- Sportif amateur qui veut perdre du poids : quelle stratégie ?
- FAQ
- Glossaire
- Sources
Les glucides sont le carburant privilégié du muscle qui travaille à haute intensité. Mais de là à engloutir des pâtes à chaque repas ou un gel énergétique à chaque sortie d'une heure, il y a un pas que la science ne franchit pas. Entre les recommandations conçues pour les athlètes d'élite et la réalité d'un coureur du dimanche, l'écart est immense, et il explique pourquoi tant de sportifs amateurs se surchargent en sucre sans aucun gain de performance.
Un apport de 30 à 60 g de glucides par heure est recommandé à partir de 60 à 90 minutes d'effort continu, selon les synthèses de Louise Burke et Asker Jeukendrup, les deux références mondiales sur le sujet. En dessous de ce seuil de durée, un sportif amateur correctement alimenté au quotidien n'a besoin de rien pendant l'effort. Le glycogène stocké dans ses muscles suffit largement.
En bref : Les glucides sont utiles à la performance sportive, mais leur quantité et leur timing dépendent strictement du type d'effort, de sa durée et de son intensité. Un sportif amateur qui fait 45 minutes de musculation ou 1 heure de course trois fois par semaine n'a pas besoin de gels énergétiques ni de charge glucidique. La nutrition sportive professionnelle n'est pas transposable à un loisir hebdomadaire, et confondre sucre de compétition et sucre du quotidien est l'une des principales causes de prise de poids chez les sportifs occasionnels.
Sport et glucides : ce qu'il faut vraiment comprendre
Le glycogène, votre réservoir de carburant
Quand vous mangez des glucides, votre corps les convertit en glucose. Une partie circule dans le sang, l'autre est stockée sous forme de glycogène, une molécule ramifiée logée dans le foie (environ 100 g) et dans les muscles (300 à 500 g chez un adulte entraîné). Pendant l'effort, ce glycogène est mobilisé pour produire de l'ATP, la monnaie énergétique des cellules.
La capacité de stockage est limitée. Une fois le réservoir plein, l'excédent de glucides est converti en graisses. C'est le point que beaucoup de sportifs amateurs oublient : manger plus de glucides ne remplit pas davantage un réservoir déjà plein, cela déborde sur les lipides de réserve.
L'intensité fait la règle
Plus un effort est intense, plus la part des glucides dans le mélange énergétique augmente. À faible intensité (marche rapide, footing facile), le muscle puise majoritairement dans les graisses. Au-delà de 70 à 75 % de la fréquence cardiaque maximale, le glucose devient le substrat dominant. Au-delà de 85 %, il est quasi exclusif.
Cette règle biologique explique pourquoi un cycliste qui enchaîne 4 heures à allure modérée mobilise énormément de glycogène, alors qu'un marcheur qui fait la même durée en puise beaucoup moins. La durée compte, mais l'intensité compte plus encore.
Ce que les études récentes disent du low-carb
Une méta-analyse publiée en 2021 dans le Journal of the International Society of Sports Nutrition a analysé dix études sur les régimes cétogènes et l'endurance : pas d'effet significatif sur la VO2max, le temps limite ou la fréquence cardiaque maximale. En revanche, toutes les revues systématiques convergent sur un point — commencer un effort avec des stocks de glycogène bas compromet nettement la performance au-delà de 60 minutes, selon la synthèse Burke et Jeukendrup publiée dans le Journal of Sports Sciences.
Traduction : les glucides restent indispensables pour la performance en endurance longue, mais leur restriction raisonnée pour les efforts courts ne détériore pas les capacités.
Combien de glucides selon votre type de sport ?
Les besoins varient considérablement selon la discipline. Voici les repères chiffrés synthétisés à partir des recommandations de l'IRBMS, de la Société Française de Nutrition du Sport et des travaux de Burke et Jeukendrup.
Tableau des besoins glucidiques selon le type et la durée de l'effort
| Type de sport | Intensité | Durée typique | Apport glucidique quotidien | Apport pendant l'effort |
|---|---|---|---|---|
| Sédentaire actif | Faible | 30 min / jour | 3 – 4 g/kg/j | Rien |
| Fitness, musculation amateur | Modérée à forte | 45 – 75 min, 3×/sem | 4 – 5 g/kg/j | Rien |
| Course à pied loisir | Modérée | 30 – 60 min, 2-3×/sem | 5 – 6 g/kg/j | Rien |
| Endurance régulière (10 km, semi) | Modérée à forte | 60 – 120 min | 6 – 7 g/kg/j | 30 g/h au-delà de 60-75 min |
| Endurance longue (marathon) | Forte | 2 – 4 h | 7 – 10 g/kg/j | 30 – 60 g/h |
| Ultra-endurance | Variable | 4 h et plus | 10 – 12 g/kg/j | 60 – 90 g/h, glucides mixtes |
| HIIT (sessions courtes) | Maximale | 20 – 40 min | 4 – 6 g/kg/j | Rien (sauf sessions enchaînées) |
Pour un homme de 75 kg qui court 3 fois par semaine, 45 minutes à allure modérée, les besoins tournent donc autour de 375 à 450 g de glucides par jour, soit l'équivalent de 4 à 5 repas classiques incluant des féculents. Aucune supplémentation nécessaire.
Pourquoi les sportifs de force ont besoin de glucides aussi
L'idée que la musculation se nourrirait uniquement de protéines est fausse. Selon les travaux compilés par l'IRBMS, l'apport en glucides est nécessaire pour soutenir la synthèse protéique musculaire, reconstituer le glycogène et limiter le catabolisme. Un régime pauvre en glucides chez un pratiquant de musculation se traduit souvent par des séances écourtées, une perte de force au fil des séries et une récupération ralentie.
💡 Repère pratique : en musculation loisir (3 séances de 1 h par semaine), 4 à 5 g/kg/jour suffisent largement, soit 300 à 375 g par jour pour un sportif de 75 kg. C'est moins que ce que recommandent la plupart des coachs Instagram.
HIIT : le cas particulier
Le HIIT (High Intensity Interval Training) sollicite massivement la filière anaérobie glycolytique. Une séance de 30 minutes entrecoupée de phases maximales consomme autant de glycogène qu'une heure de course modérée. Le besoin quotidien reste toutefois modéré car la durée totale est faible : 4 à 6 g/kg/j suffisent, sauf si les séances s'enchaînent.
Pour aller plus loin sur la qualité des glucides et leur impact sur la glycémie, vous pouvez consulter notre guide complet sur l'indice glycémique.
Le mythe du pain avant le sport
D'où vient cette croyance
La règle du « pain avant le sport » remonte aux années 1960-1970, quand la recherche sur la carb-loading (surcharge glucidique) a été popularisée pour les marathoniens scandinaves. L'idée s'est transposée, par simplification, à toute activité physique. On a retenu « glucides avant l'effort », en oubliant les conditions précises : effort de plus de 90 minutes, intensité modérée à forte, athlète entraîné.
Pour une séance de football du dimanche matin ou une heure de vélo en famille, manger une baguette ou un bol de pâtes « pour avoir de l'énergie » n'apporte aucun bénéfice. Vos réserves de glycogène, si vous mangez normalement, tiennent 90 à 120 minutes d'effort intense sans ravitaillement.
Ce que dit réellement la science du pré-effort
Les recommandations actuelles, synthétisées dans la revue de référence de Louise Burke publiée dans le Journal of Sports Sciences, distinguent trois fenêtres.
- 3 à 4 heures avant un effort long (plus de 90 min) : repas riche en glucides complexes à IG modéré, 1 à 4 g/kg. Pain complet, riz, pâtes, fruits, yaourt.
- 1 heure avant : collation légère à IG bas ou modéré, 0,5 à 1 g/kg. Une banane, une poignée d'amandes, un yaourt nature.
- 30 minutes avant : rien ou très peu. Ingérer une grande quantité de sucres rapides juste avant un effort provoque un pic insulinique qui peut entraîner une hypoglycémie réactionnelle en début de séance.
⚠️ Attention : pour un effort de moins d'une heure, manger « pour avoir de l'énergie » n'est pas justifié. Vous avez déjà toute l'énergie nécessaire. Ce geste nourrit surtout l'anxiété pré-effort, pas le muscle.
Les tics à abandonner
- Le gel énergétique avant une séance de 40 minutes de course. Inutile, et contre-productif si vous cherchez à perdre du poids.
- La barre de céréales sucrée avant le yoga. Zéro bénéfice énergétique sur cette intensité.
- Le jus d'orange « pour démarrer » avant le footing matinal. Un pic glycémique suivi d'une chute en pleine séance.
- La pasta party la veille d'un 10 km. Réservée aux efforts supérieurs à 90 minutes. Pour 10 km, un dîner équilibré classique suffit.
Glucides pendant l'effort : contexte compétitif vs sportif amateur
Quand ils sont indispensables
À partir de 60 à 90 minutes d'effort continu à intensité modérée à forte, les stocks de glycogène commencent à baisser sensiblement. L'apport de glucides pendant l'effort devient alors un levier de performance démontré. Selon la synthèse de Jeukendrup publiée dans Sports Medicine, la recommandation tient en quatre paliers.
| Durée de l'effort | Apport glucidique par heure | Forme privilégiée |
|---|---|---|
| Moins de 45 min | 0 g | Eau seule |
| 45 – 75 min | 0 à rinçage de bouche | Eau, éventuellement boisson très diluée |
| 1 – 2 h | 30 g | Boisson isotonique, fruit sec |
| 2 – 3 h | 30 – 60 g | Gel, boisson isotonique, barre |
| Plus de 2,5 h | Jusqu'à 90 g | Mélange glucose + fructose (gels spécifiques) |
Pour tenir ces débits élevés, les produits de nutrition sportive combinent plusieurs sucres (glucose, fructose, maltodextrine) car l'intestin possède des transporteurs distincts pour chacun. C'est cette astuce physiologique qui permet d'absorber jusqu'à 90 g/h sans troubles digestifs, au lieu du plafond naturel de 60 g/h avec un seul type de sucre.
Pourquoi c'est rarement utile pour un sportif amateur
Un sportif amateur typique enchaîne des séances de 45 à 75 minutes, deux à quatre fois par semaine. Toutes se situent sous ou à la limite du seuil où l'apport glucidique pendant l'effort devient pertinent.
Résultat : ingérer un gel énergétique ou une boisson sucrée pendant une séance d'une heure revient à ajouter des calories sans gain de performance. À raison de 100 à 150 kcal par gel, consommés trois fois par semaine, cela fait l'équivalent d'un repas supplémentaire hebdomadaire qui finit en stock adipeux.
« Pour des efforts de moins d'une heure, de petites quantités de glucides, y compris un simple rinçage de bouche, peuvent améliorer la performance par des effets sur le système nerveux central. » — Louise Burke et Asker Jeukendrup, Journal of Sports Sciences, 2011.
Cette nuance est importante : la recherche n'exclut pas un effet neurologique du sucre, même sur efforts courts. Mais un effet neurologique ne justifie pas de consommer chaque fois 30 g de glucides — un rinçage de bouche avec une boisson sucrée, recraché, suffit à activer ce mécanisme.
Le cas des ultras et des trails longs
Pour les compétitions de plus de 3 heures, la stratégie nutritionnelle devient un levier majeur, parfois décisif. Les ravitaillements planifiés toutes les 30 à 45 minutes, combinant glucides (60 à 90 g/h), électrolytes et parfois protéines, permettent de retarder l'épuisement musculaire et cérébral. C'est ce contexte précis, et lui seul, qui justifie la consommation intensive de gels et boissons sucrées.
Récupération : la fameuse fenêtre métabolique
Ce que dit la recherche récente
Le concept de fenêtre métabolique — cette période post-effort pendant laquelle l'organisme serait particulièrement réceptif aux nutriments — a été longtemps résumé à une fenêtre magique de 30 minutes. La recherche récente, compilée par les travaux d'Aragon et Schoenfeld, affine cette vision : la resynthèse du glycogène et la récupération musculaire s'étendent sur une période de 6 à 24 heures, mais le début de la fenêtre reste le plus efficace.
Les recommandations actuelles :
- 1 à 1,2 g de glucides par kg de poids corporel dans l'heure qui suit l'effort pour optimiser la resynthèse du glycogène.
- Association glucides + protéines (ratio 3:1 ou 4:1) : l'insuline stimulée par cette combinaison accélère la resynthèse et limite le catabolisme musculaire.
- Privilégier des glucides à IG modéré à élevé juste après une séance intense, pour maximiser la réponse insulinique et donc la recharge du glycogène.
Pour un sportif amateur : pragmatisme
Si votre séance dure 45 à 60 minutes à intensité modérée, vous n'avez pas vidé vos stocks de glycogène. Un repas équilibré dans les deux heures qui suivent l'effort suffit amplement. La précipitation à avaler un shaker et une banane en sortant de la salle est généralement surévaluée pour ce profil.
✅ À faire : prévoir un repas normal dans les 2 heures après la séance, comprenant des glucides (riz, quinoa, pain complet), des protéines (œufs, viande, poisson, légumineuses) et des légumes.
❌ À éviter : empiler les produits de récupération industriels sucrés si votre séance ne dépassait pas 1 heure. Ils ajoutent des calories sans valeur ajoutée.
Sucre de compétition vs sucre quotidien : la confusion à lever
Deux contextes, deux logiques
Voilà le point central de cet article, et probablement le plus souvent mal compris. Le sucre utilisé en contexte compétitif — gels, boissons isotoniques, bonbons pendant un marathon — remplit une fonction précise : apport énergétique rapide pendant un effort qui épuise le glycogène. Dans ce contexte, le pic glycémique provoqué par les sucres rapides est recherché : il recharge immédiatement le carburant utilisé.
Le sucre quotidien — gâteaux, sodas, viennoiseries, biscuits, boissons sucrées, desserts industriels — relève d'une logique totalement différente. Il est consommé au repos, sans dépense énergétique immédiate. Son pic glycémique n'est compensé par aucun effort. Le résultat est l'inverse de l'effet recherché en compétition : stockage adipeux, fatigue post-pic, risque métabolique à long terme.
L'erreur du sportif amateur
Elle est classique : « Je fais du sport, donc je peux manger du sucre sans problème. » Cette équivalence ne tient pas. Trois séances hebdomadaires d'une heure représentent environ 1 800 à 2 100 kcal de dépense. Un seul soda quotidien représente 900 à 1 100 kcal sur la semaine, sans compter les autres sources de sucre.
La consommation moyenne de sucres libres chez les adultes français atteint 52 g par jour, quand l'OMS recommande de rester en dessous de 25 g par jour. Faire du sport ne compense pas cet écart, et l'augmente parfois si la pratique sportive devient un prétexte à une consommation excessive.
La bonne règle
| Contexte | Sucre utile ? | Type privilégié |
|---|---|---|
| Compétition longue (> 90 min) | Oui, planifié | Sucres rapides (gels, boissons iso) |
| Entraînement classique (< 60 min) | Non | Aucun pendant l'effort |
| Récupération post-entraînement intense | Oui, dosé | Glucides complexes, IG modéré |
| Collation hors contexte sportif | Non, ou limité | Privilégier les fruits entiers, substituts naturels |
| Dessert, pâtisserie maison | Selon fréquence | Sucre classique ou alternatives à IG bas |
C'est dans cette logique que les substituts de sucre trouvent leur intérêt pour les sportifs amateurs. Vous pouvez ainsi préparer des financiers noisette sans sucre ou des gaufres sans sucre pour vos goûters et moments de plaisir, sans ajouter au sucre quotidien un sucre inutile en dehors des contextes d'effort.
Sportif amateur qui veut perdre du poids : quelle stratégie ?
Le paradoxe du sportif qui grossit
Un constat fréquent : les personnes qui se mettent au sport voient leur poids stagner ou augmenter dans les premiers mois. La raison ? Une sur-compensation calorique, souvent inconsciente. La séance est perçue comme une autorisation à manger plus, alors qu'elle n'a brûlé que 400 à 600 kcal, soit l'équivalent d'un goûter sucré.
Pour perdre du poids en faisant du sport, il faut donc dissocier deux choses : la nutrition de performance (qui vise à soutenir l'effort) et la nutrition de composition corporelle (qui vise à créer un déficit énergétique). Les deux ne se superposent pas systématiquement.
Les leviers qui fonctionnent
Conserver des glucides en quantité adaptée à votre dépense. Trop peu, vous pénalisez vos séances et votre récupération. Trop, vous annulez le déficit.
Concentrer les glucides autour des séances. Les glucides pris dans les 2 heures avant et dans l'heure après l'entraînement sont mieux utilisés. À distance des séances, préférer les légumes, les protéines et les bonnes graisses.
Limiter strictement les sucres libres en dehors des contextes sportifs. C'est ici que les substituts à IG bas jouent un rôle utile : ils permettent de conserver le plaisir du goût sucré sans l'apport calorique ni le pic glycémique.
Accepter que la perte de poids soit lente. Un déficit de 300 à 500 kcal par jour donne 1 à 2 kg par mois sans fonte musculaire. Plus vite, le muscle part avec la graisse.
Ne pas sauter les repas pré-séance. L'entraînement à jeun a des bénéfices spécifiques (sensibilité à l'insuline) mais pénalise l'intensité des séances, ce qui réduit la dépense globale.
💡 Exemple concret : une sportive de 62 kg qui court 3 fois par semaine 45 minutes vise une perte de poids douce. Ses besoins : environ 1 900 kcal/jour, dont 250 à 280 g de glucides (5 g/kg/j), 95 g de protéines (1,5 g/kg/j), 60 g de lipides. Elle concentre féculents et fruits autour des séances, limite fortement les sucres ajoutés et remplace le sucre de ses yaourts et pâtisseries maison par un substitut naturel à IG proche de zéro.
Pour des idées de recettes adaptées à cette logique, notre recette de crêpes sans sucre ou nos canelés sans sucre permettent de garder le plaisir des goûters tout en maîtrisant l'apport en sucres libres.
FAQ
Faut-il manger des glucides avant une séance de sport d'une heure ?
Non, pas systématiquement. Si vous avez mangé normalement dans les 3 à 4 heures précédentes, vos réserves de glycogène sont largement suffisantes pour une séance d'une heure, même intense. Une collation n'est utile que si vous vous entraînez très tôt le matin ou si la dernière prise alimentaire remonte à plus de 5 heures. Dans ce cas, une banane ou un yaourt 30 à 60 minutes avant suffit.
Quels glucides privilégier pendant un long effort : lents ou rapides ?
Pendant l'effort, les glucides rapides (glucose, maltodextrine, fructose en complément) sont les plus efficaces car ils sont rapidement disponibles pour le muscle. Les glucides lents (céréales complètes, légumineuses) sont privilégiés en amont, plusieurs heures avant, pour remplir progressivement les stocks de glycogène sans provoquer de pic insulinique. La règle : lents avant, rapides pendant, mixtes après.
Peut-on faire du sport en régime cétogène ou low-carb ?
Oui, pour la plupart des activités. Les méta-analyses récentes montrent que les régimes faibles en glucides n'altèrent pas significativement la performance en endurance modérée ni la force. En revanche, ils pénalisent les efforts à très haute intensité (HIIT, sprints, compétitions longues) où le glucose est le substrat dominant. L'adaptation demande plusieurs semaines et ne convient pas à tous les sportifs.
Un sportif amateur qui veut perdre du poids doit-il couper les glucides ?
Non. Les couper trop radicalement fragilise les séances, la récupération et la masse musculaire. La stratégie gagnante consiste à maintenir un apport glucidique adapté à la dépense (4 à 5 g/kg/jour), à le concentrer autour des séances et à réduire strictement les sucres libres (sodas, pâtisseries industrielles, biscuits) en dehors des contextes sportifs.
Les gels énergétiques sont-ils utiles pour un coureur loisir ?
Rarement. Pour des sorties de moins de 75 minutes, vous n'en avez pas besoin. Au-delà de 90 minutes d'effort continu, un gel apportant 25 à 30 g de glucides commence à avoir un intérêt réel. En dessous de ce seuil, ils ajoutent des calories sans bénéfice. Réservez-les aux sorties longues et aux compétitions.
Comment remplacer le sucre dans son alimentation quotidienne quand on fait du sport ?
Par des glucides complexes à IG bas ou modéré (céréales complètes, légumineuses, fruits entiers) pour les apports énergétiques, et par des substituts naturels à IG proche de zéro pour les occasions de plaisir sucré (desserts maison, yaourts, boissons chaudes). Cette approche préserve la performance sportive sans surcharger l'apport en sucres libres, dont la consommation moyenne en France dépasse déjà largement les recommandations de l'OMS.
Glossaire
Glycogène : forme de stockage du glucose dans le foie (≈ 100 g) et les muscles (300 à 500 g). C'est le principal carburant mobilisé pendant les efforts d'intensité modérée à élevée.
Glycémie : concentration de glucose dans le sang, exprimée en g/L ou mmol/L. Elle est régulée par l'insuline (baisse) et le glucagon (hausse).
Hypoglycémie réactionnelle : chute brutale de la glycémie qui survient 1 à 2 heures après l'ingestion d'une grande quantité de sucres rapides. Elle se traduit par fatigue, sueurs, tremblements et baisse de performance.
Fenêtre métabolique : période post-effort, de 30 minutes à 24 heures selon les auteurs, pendant laquelle le muscle est particulièrement réceptif aux nutriments pour la resynthèse du glycogène et la récupération.
Néoglucogenèse : production de glucose par le foie à partir de substrats non glucidiques (acides aminés, glycérol, lactate). S'active quand les stocks de glycogène sont bas et apporte du glucose au cerveau et aux muscles.
VO2max : consommation maximale d'oxygène par l'organisme pendant un effort, exprimée en ml/min/kg. Indicateur de référence de la capacité aérobie.
ATP (adénosine triphosphate) : molécule énergétique universelle de la cellule. Sa régénération permanente, alimentée par les glucides, les lipides et dans une moindre mesure les protéines, conditionne toute contraction musculaire.
Maltodextrine : glucide complexe obtenu par hydrolyse partielle de l'amidon. Absorbée rapidement mais avec un pic glycémique moindre que le glucose pur. Fréquemment utilisée dans les produits de nutrition sportive.
Charge glucidique (carb-loading) : stratégie alimentaire consistant à augmenter fortement l'apport en glucides dans les 2 à 3 jours précédant un effort long (> 90 minutes) pour maximiser les stocks de glycogène.
Filière anaérobie glycolytique : voie métabolique qui produit de l'énergie à partir du glucose sans oxygène. Dominante dans les efforts très intenses de 30 secondes à 2 minutes. Produit du lactate.
Sucres libres : selon l'OMS, les sucres ajoutés par le fabricant, le cuisinier ou le consommateur, plus ceux naturellement présents dans le miel, les sirops et les jus de fruits. Exclut les sucres des fruits entiers et le lactose du lait.
Indice glycémique (IG) : score de 0 à 100+ mesurant la vitesse à laquelle un aliment glucidique élève la glycémie. Un IG élevé signale un pic rapide, un IG bas une montée progressive.
Boisson isotonique : boisson dont la concentration en sels minéraux et en sucres est proche de celle du plasma sanguin, ce qui permet une absorption rapide et minimise les troubles digestifs pendant l'effort.
Sources
- Burke L. M., Hawley J. A., Wong S. H. S., Jeukendrup A. E., Carbohydrates for training and competition, Journal of Sports Sciences, 2011, https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/02640414.2011.585473
- Jeukendrup A. E., A Step Towards Personalized Sports Nutrition: Carbohydrate Intake During Exercise, Sports Medicine, 2014, https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24791914/
- IRBMS, Quels apports nutritionnels pour le sportif ?, https://www.irbms.com/apports-nutritionels-sportif-2/
- IRBMS, Dossier thématique Glucides, https://www.irbms.com/sport/glucides/
- Société Française de Nutrition du Sport (SFNS), Boissons contenant des glucides et des électrolytes, https://www.nutritiondusport.fr/boissons-contenant-des-glucides-et-des-electrolytes/
- Cao J. et al., Performance effects of periodized carbohydrate restriction in endurance trained athletes — a systematic review and meta-analysis, Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2021, https://jissn.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12970-021-00435-3
- The Effect of a Ketogenic Low-Carbohydrate, High-Fat Diet on Aerobic Capacity and Exercise Performance in Endurance Athletes: A Systematic Review and Meta-Analysis, PubMed, 2021, https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34445057/
- INSEP-Éditions, Individualisation de l'entraînement — Individualisation de la nutrition, https://books.openedition.org/insep/3180
- Organisation mondiale de la santé (OMS), Diabète — principaux faits, https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/diabetes
Süvy : l'option sucrée qui ne perturbe pas votre effort
Un sportif amateur n'a pas besoin de sucre ajouté en dehors de ses séances longues. Mais le plaisir d'un dessert, d'une boisson chaude ou d'un goûter reste légitime. Utiliser un substitut à IG inférieur à 2, sans pic glycémique et sans calorie vide, permet de conserver ce plaisir sans interférer avec la gestion du poids ni avec la récupération.
Süvy est le premier remplaçant du sucre au monde, fruit de 7 ans de recherche par les Laboratoires Innovi. 100 % naturel, sans calorie vide, sans pic glycémique, il reproduit toutes les fonctions du sucre — goût, texture, caramélisation — sans en avoir les inconvénients.