R&D substitut sucre : 7 ans de recherche, les coulisses de Süvy
Sommaire
- Sept années, une obsession : reproduire toutes les fonctions du sucre
- 2018 : le point de départ, une intuition de chercheuse
- Année 1 à 2 : cartographier les 30 fonctions du sucre
- Année 3 à 4 : les deux briques qui ont tout changé
- Année 5 : l'impasse technique qui a failli tout arrêter
- Année 6 : le 27e brevet et la validation terrain
- Année 7 : l'industrialisation à Layrac
- Ce que ces 7 années racontent sur la R&D française
- FAQ
- Glossaire
- Sources
La R&D substitut sucre menée par les Laboratoires Innovi, à Layrac dans le Lot-et-Garonne, s'étale sur sept années pleines, entre 2018 et 2025. Elle débouche sur Süvy, le 27e brevet déposé par le laboratoire depuis sa création en 1997. Ce chiffre n'est pas un détail marketing. Il est le résultat d'une trajectoire scientifique patiente, menée par une équipe de quinze chercheurs, qui représente à elle seule 20 % des effectifs de l'entreprise.
L'ambition de départ paraît simple, presque banale : trouver un ingrédient capable de remplacer le sucre. Elle ne l'est pas. Un industriel du biscuit qui tente la substitution se heurte à trente fonctions techniques différentes du saccharose — sucrer, certes, mais aussi caraméliser, retenir l'eau, blanchir une pâte montée, stabiliser une mousse, prolonger la conservation. C'est cette cartographie complète qu'Alexandra Fregonese, présidente d'Innovi, a entrepris de reconstituer molécule par molécule.
En bref : Süvy est né de 7 années de recherche aux Laboratoires Innovi (Groupe Anjac), à Layrac. Le projet part en 2018 d'un constat épidémiologique — le sucre comme facteur commun à la plupart des maladies chroniques — et aboutit en 2025 à un procédé breveté qui associe érythritol et polydextrose dans une matrice unique. Le 27e brevet Innovi, validé par les autorités sanitaires EFSA, FDA et JECFA.
Sept années, une obsession : reproduire toutes les fonctions du sucre
Pour comprendre l'ampleur du défi, il faut d'abord mesurer ce que le sucre fait vraiment. Un chef pâtissier qui bat ses blancs en neige avec du sucre ne sucre pas : il stabilise la structure. Un industriel qui ajoute du saccharose à sa confiture ne cherche pas à adoucir : il active la pectine et allonge la durée de conservation. Un artisan chocolatier qui caramélise à 160 °C travaille la réaction de Maillard, cette alchimie qui donne sa couleur dorée et ses arômes torréfiés.
Un substitut crédible doit reproduire ces trente fonctions. Pas une. Pas cinq. Toutes.
Alexandra Fregonese le formule sans détour dans une interview accordée à Agra Innovation :
« Süvy coche les 30 qualités fonctionnelles du sucre, faisant parfois mieux pour certaines. »
L'affirmation engage. Elle explique aussi pourquoi le projet a duré sept ans et non dix-huit mois. Les édulcorants classiques — aspartame, sucralose, stévia pure — sucrent. Ils ne font que ça. Les polyols utilisés seuls (xylitol, maltitol, érythritol) approchent certaines propriétés techniques, mais trébuchent sur d'autres : caramélisation incomplète, tolérance digestive médiocre, goût froid en bouche, cristallisation imprévisible. La sommation de ces défauts explique pourquoi les rayons « sans sucre » des grandes surfaces ont longtemps souffert d'une réputation mitigée.
2018 : le point de départ, une intuition de chercheuse
Le dossier Süvy s'ouvre en 2018, année où le groupe Anjac — conglomérat français de 3 000 salariés et 800 millions d'euros de chiffre d'affaires, spécialisé dans la sous-traitance santé-beauté — rachète les Laboratoires Innovi. À cette date, Alexandra Fregonese dirige déjà l'entreprise depuis plus de vingt ans. Elle a créé sa première société en 1996 sous le nom 1 Fois 1 Jour, déposé son premier brevet en cosmétique anti-âge clinique, puis bâti brique par brique un centre de recherche reconnu en formulation cosmétique et nutraceutique.
Le basculement vers la substitution du sucre ne vient pas d'un plan stratégique. Il vient d'un constat répété, patient, sur une décennie de travaux en nutrition : le sucre traverse toutes les pathologies qu'elle étudie. Fregonese le résume ainsi :
« Le sucre était le dénominateur commun dans toutes les maladies comme facteur d'accélération. »
Diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, obésité, stéatose hépatique non alcoolique, certains cancers, maladies neurodégénératives : la littérature scientifique accumule les faisceaux de preuves reliant une consommation excessive de saccharose à leur progression. L'OMS, dans ses recommandations sur l'apport en sucres libres, fixe le seuil maximal à 25 grammes par jour pour un adulte — soit cinq morceaux de sucre. Un Français en consomme en moyenne 40. Un Américain, 75.
La question qui sort alors du laboratoire n'est plus de formuler un énième édulcorant. C'est de concevoir un remplaçant complet. Un ingrédient qu'un industriel pourrait verser dans sa recette existante sans toucher au procédé, au dosage ou à la machine. Un ingrédient qui ferait le travail du sucre, sans en importer les effets métaboliques.
Année 1 à 2 : cartographier les 30 fonctions du sucre
Les deux premières années du projet ne ressemblent pas à ce qu'on imagine d'une R&D alimentaire. Pas de casseroles. Pas de dégustations. De la bibliographie et du tableur. L'équipe établit l'inventaire des fonctions technologiques du saccharose, fonction par fonction, en s'appuyant sur la littérature en sciences des aliments et sur les retours d'industriels partenaires du groupe Anjac.
Quelques exemples concrets pour rendre la chose tangible :
| Fonction du sucre | Rôle technique | Difficulté à reproduire |
|---|---|---|
| Pouvoir sucrant | Apporter la perception gustative sucrée | Faible (nombreux édulcorants disponibles) |
| Caramélisation | Brunir à la cuisson entre 150 et 180 °C | Forte (réaction spécifique au saccharose) |
| Réaction de Maillard | Brunissement non enzymatique avec protéines | Moyenne (dépend des sucres réducteurs) |
| Rétention d'eau | Prolonger la durée de conservation | Forte (propriété humectante) |
| Foisonnement | Stabiliser les mousses et blancs d'œufs | Forte (interaction avec les protéines) |
| Abaissement du point de congélation | Éviter la cristallisation en glace | Moyenne (effet cryoprotecteur) |
| Activation de la pectine | Prise des confitures | Très forte (couple sucre-acidité) |
| Point de fusion | Texture fondante en bouche | Moyenne (cristallisation contrôlée) |
| Effet conservateur | Inhibition microbienne par pression osmotique | Forte |
L'équipe d'Innovi ne cherche pas à cocher 28 cases sur 30 et à déclarer victoire. Elle cherche les trente. C'est cette exigence qui transforme un projet de 18 mois en un projet de sept ans.
Pendant cette phase, les chercheurs examinent aussi les candidats existants. Aucun ne satisfait seul l'ensemble du cahier des charges. L'idée se dessine alors : aucun ingrédient unique ne pourra remplacer le sucre. Il faudra en combiner plusieurs. Et la combinaison, justement, sera l'objet du brevet.
Année 3 à 4 : les deux briques qui ont tout changé
Le tournant arrive à l'année trois. Parmi les centaines de candidats évalués, deux ingrédients se détachent : l'érythritol et le polydextrose. Tous deux sont connus depuis longtemps. Tous deux disposent d'un statut réglementaire solide — reconnus GRAS par la FDA et approuvés par l'EFSA après plusieurs décennies d'évaluations. Aucun n'est nouveau. Ce qui sera nouveau, c'est la manière de les associer.
L'érythritol, issu d'une levure rare
L'érythritol est un polyol produit par fermentation de sucres simples grâce à la levure Moniliella pollinis, micro-organisme naturellement présent sur les fleurs. Cette levure a la particularité rare de ne produire ni alcool, ni gaz, ni sous-produits indésirables lors de la fermentation. Elle est utilisée au Japon depuis 1990 pour la production industrielle d'érythritol et autorisée dans le monde entier depuis plusieurs décennies.
L'érythritol apporte environ 70 % du pouvoir sucrant du saccharose, avec 0,2 kcal/g (contre 4 kcal/g pour le sucre), un indice glycémique de 0 et une tolérance digestive supérieure aux autres polyols. Environ 90 % de l'érythritol ingéré est absorbé dans l'intestin grêle et excrété inchangé par les reins. Pour comprendre en profondeur le comportement de cet ingrédient, notre article érythritol : ce que la science dit vraiment détaille les études cliniques et les avis des autorités sanitaires.
Le polydextrose, la fibre oubliée
Le polydextrose est une fibre alimentaire soluble, fermentescible, de la famille des prébiotiques. Il nourrit les bifidobactéries du côlon et contribue à la production d'acides gras à chaîne courte — butyrate, propionate, acétate — reconnus pour réguler la glycémie, renforcer la barrière intestinale et moduler l'inflammation de bas grade.
Sur le plan technologique, il apporte du volume, de la texture, de la rétention d'eau et une excellente stabilité à la cuisson. Seul, il ne sucre pas. Associé à l'érythritol, il compense ses faiblesses — et inversement. Le polydextrose amortit la sensation de fraîcheur en bouche caractéristique de l'érythritol seul. L'érythritol apporte le pouvoir sucrant que le polydextrose n'a pas. Les deux ensemble commencent à ressembler à du sucre.
Commencent, seulement. Car entre « cocktail prometteur » et « produit industriel » s'étend une étape de quatre ans.
Année 5 : l'impasse technique qui a failli tout arrêter
La cinquième année est celle du blocage. L'équipe maîtrise la formulation en laboratoire. Elle ne maîtrise pas la cristallisation à grande échelle. Or pour qu'un substitut de sucre soit utilisable par les industriels, il doit se présenter sous forme cristalline, stable, homogène, qui se verse comme du sucre en poudre et se dose au kilo près sans s'agglomérer ni se séparer.
Le problème est celui-ci : l'érythritol cristallise naturellement selon ses propres plans. Le polydextrose, lui, ne cristallise pas — c'est une fibre amorphe. Mélanger les deux en phase aqueuse, puis évaporer, donne au mieux un solide hétérogène où les cristaux d'érythritol coexistent avec une matrice amorphe de polydextrose sans s'y lier. À l'usage, les deux phases se séparent, les propriétés techniques se dégradent, la régularité du dosage s'effondre.
L'équipe passe douze mois à chercher le procédé qui permettrait aux deux molécules de s'entrelacer dans une seule structure cristalline. Fregonese qualifie ce défi de « puzzle de sept ans » : intégrer des sucres cristallins à l'intérieur même d'une structure de fibre, pour créer un soluté de haute concentration capable de libérer la sucrosité de façon prolongée, tout en maintenant un indice glycémique inférieur à 2.
La solution finit par émerger. Elle sera l'objet du brevet. Le procédé — dont les détails techniques restent protégés par le secret industriel — consiste en un entrelacement contrôlé des deux composés au moyen d'un processus propriétaire, aboutissant à une poudre stable, versable, soluble, qui se comporte comme du sucre dans 95 % des applications testées.
C'est ce procédé, et non les ingrédients eux-mêmes, qui constitue la propriété intellectuelle de Süvy. L'INPI référence officiellement ce brevet dans le portefeuille Innovi.
Année 6 : le 27e brevet et la validation terrain
L'année six est celle de la validation. Le brevet est déposé. Reste à savoir si le produit tient ses promesses en cuisine réelle, pas seulement sur les fiches techniques du laboratoire.
Innovi décide alors de ne pas s'en remettre aux seuls panels consommateurs. L'entreprise fait tester Süvy par des professionnels sous pression : chefs pâtissiers, restaurateurs, traiteurs, artisans. Des gens dont la réputation est directement en jeu. Des gens qui ne pardonnent pas qu'un ingrédient fasse rater une génoise à minuit la veille d'un service.
Parmi les testeurs, on retrouve Michel Dussau, chef agenais, Dorienne Sol, fondatrice de l'Atelier de Dorie, Cyril Rouffet et Angélique Viviès du Bar des Allées à Layrac. Leur verdict, rapporté dans la presse spécialisée et dans le communiqué de presse Anjac, est unanime : Süvy se comporte comme du sucre. Brunissement, caramélisation, texture fondante, foisonnement, conservation — toutes les fonctions traditionnelles sont présentes.
Des industriels rejoignent le programme pilote :
- Mericq, groupe agenais de produits de la mer (412 millions d'euros de chiffre d'affaires), intègre Süvy dans ses recettes de saumon gravlax.
- Maison Carletti l'utilise dans ses confitures, avec un gain de productivité mesuré à +10 %.
- Oh My Pop reformule son popcorn caramélisé sans sucre autour de l'ingrédient.
Ces validations industrielles servent de preuve technique avant la mise sur le marché grand public. Elles établissent aussi une chose rare dans l'agroalimentaire : un ingrédient qui arrive sur les étagères avec un historique d'usage professionnel déjà documenté.
Année 7 : l'industrialisation à Layrac
La dernière année est celle de l'industrialisation. Produire 100 grammes dans un bécher est une chose. Produire plusieurs milliers de tonnes par an en est une autre. L'un des enjeux de la phase finale a été de transposer le procédé breveté à une échelle industrielle, sans perte de qualité, sans dégradation des propriétés techniques, sans coût de revient prohibitif.
Innovi engage un plan d'investissement chiffré à plusieurs dizaines de millions d'euros pour équiper son site de Layrac. Selon Le Journal des Entreprises, un premier bâtiment de 4 500 m² est livré fin juin 2025. Un second permis de construire est déposé mi-août. L'objectif : atteindre un hectare de bâtiments couverts dédiés à la production de Süvy.
Les objectifs de production affichés sont ambitieux :
| Horizon | Capacité visée |
|---|---|
| Fin 2025 | 4 000 tonnes |
| 2026 | 100 000 tonnes |
| 2030 (N+5) | 1 million de tonnes |
Ces volumes correspondent à une prise de part de marché de 1 à 1,5 % du marché mondial des substituts de sucre. Pour un laboratoire qui, dix ans plus tôt, opérait encore depuis l'incubateur de l'Agropole d'Agen, c'est un changement d'échelle radical.
Le lancement grand public intervient en septembre 2025. Süvy est commercialisé en sachets de 250 g (6,10 €), 500 g (10,50 €) et 1 kg (19,90 €), ainsi qu'en bûchettes et en popcorn caramélisé. Pour le tarif professionnel, l'ingrédient est proposé à partir de 8,30 € le kilo. La page acheter Süvy centralise la distribution directe, tandis que les distributeurs spécialisés comme Louis François et les Laboratoires Mességué assurent le relais B2B et naturalité.
Ce que ces 7 années racontent sur la R&D française
L'histoire de Süvy n'est pas seulement celle d'un produit. C'est aussi celle d'un modèle de R&D française qui mérite d'être regardé.
Premier point : le temps long. Sept années, quinze chercheurs, plusieurs dizaines de millions d'euros — ces chiffres ne correspondent à aucune logique de fast company. Ils correspondent à ce que coûte réellement une innovation de rupture quand on refuse les raccourcis. Pas 18 mois avec une équipe de cinq pour un pivot annoncé sur LinkedIn. Sept ans, un laboratoire complet, un brevet robuste.
Deuxième point : la localisation. Le projet est né et a abouti à Layrac, Lot-et-Garonne, département rural que les classements sur l'innovation citent rarement. Innovi y emploie aujourd'hui plus de 75 salariés, dont quinze chercheurs et chercheuses. Le site va doubler ses effectifs avec l'industrialisation. C'est un démenti concret à l'idée que l'innovation française se concentre dans trois métropoles.
Troisième point : la convergence secteurs. Innovi vient de la cosmétique et de la santé. Süvy s'adresse à l'agroalimentaire. Ce décloisonnement — une équipe qui a passé trente ans à formuler des actifs dermocosmétiques s'attaque au sucre — explique en partie la réussite. Les méthodes de la formulation cosmétique (stabilité, rétention d'eau, texture) se transposent étonnamment bien aux matrices alimentaires.
Quatrième point : la propriété intellectuelle. Le brevet Süvy est le 27e du laboratoire. Cette accumulation protège l'innovation face à la concurrence internationale, notamment américaine et asiatique, où les substituts de sucre constituent un champ de bataille stratégique pour les géants de l'agroalimentaire. Chaque brevet est un verrou. Vingt-sept verrous font un coffre-fort.
Ce qui s'écrit à Layrac depuis 2018 dépasse donc le seul destin d'une poudre blanche vendue en sachet de 250 grammes. C'est un exemple concret de ce que peut produire une R&D française quand on lui donne du temps, un objectif clair et des moyens industriels cohérents. L'histoire complète de Süvy et la fiche tout savoir sur Süvy documentent ce parcours pour celles et ceux qui veulent aller plus loin.
FAQ
Combien de temps a duré la R&D de Süvy ?
Sept années, entre 2018 et 2025. Le projet a été mené par les Laboratoires Innovi à Layrac (Lot-et-Garonne), au sein du groupe Anjac, avec une équipe de quinze chercheurs qui représente environ 20 % des effectifs de l'entreprise. Le procédé de fabrication a été breveté — il s'agit du 27e brevet déposé par Innovi depuis sa création en 1997.
Qui est Alexandra Fregonese, présidente d'Innovi ?
Alexandra Fregonese dirige les Laboratoires Innovi depuis leur création en 1997 (initialement sous le nom 1 Fois 1 Jour). Passionnée de recherche en formulation, elle a bâti progressivement un centre de R&D d'abord spécialisé en cosmétique anti-âge clinique puis étendu à la nutrition. Le groupe Anjac a racheté Innovi en 2018. Süvy est sa 27e innovation brevetée.
Pourquoi avoir choisi l'érythritol et le polydextrose plutôt qu'un autre ingrédient ?
Parmi les centaines de candidats évalués, ces deux ingrédients sont ressortis pour leur statut réglementaire solide (reconnus GRAS par la FDA, approuvés par l'EFSA) et leur complémentarité technique. L'érythritol apporte le pouvoir sucrant et la tolérance digestive. Le polydextrose apporte le volume, la texture et l'effet prébiotique. Seuls, chacun a des limites. Ensemble, dans la matrice brevetée, ils reproduisent les 30 fonctions du sucre.
Qu'est-ce qui est exactement breveté dans Süvy ?
Les ingrédients eux-mêmes — érythritol et polydextrose — ne sont pas nouveaux et ne peuvent pas être brevetés. Ce qui est protégé, c'est le procédé d'entrelacement qui intègre les cristaux d'érythritol à l'intérieur de la structure de fibre du polydextrose. Ce procédé permet d'obtenir une poudre stable, homogène, qui se comporte comme du sucre dans 95 % des applications testées et maintient un indice glycémique inférieur à 2.
Qui a validé Süvy avant son lancement grand public ?
Trois cercles de validation. Les autorités sanitaires — EFSA, FDA, JECFA — pour les ingrédients individuels. Les professionnels des métiers de bouche (pâtissiers, restaurateurs, traiteurs) pour la tenue en cuisine réelle. Les industriels partenaires — Mericq pour le gravlax, Maison Carletti pour les confitures, Oh My Pop pour le popcorn — pour les tests en conditions de production. Le lancement grand public est intervenu en septembre 2025 après ces trois validations.
Où Süvy est-il fabriqué et à quelle échelle ?
Süvy est entièrement fabriqué à Layrac, dans le Lot-et-Garonne, par les Laboratoires Innovi. Le site est en cours d'expansion industrielle avec un plan d'investissement de plusieurs dizaines de millions d'euros. L'objectif est d'atteindre 4 000 tonnes produites fin 2025, 100 000 tonnes en 2026 et un million de tonnes à horizon 2030. La FAQ officielle détaille les aspects pratiques du produit.
Glossaire
Agent de charge : ingrédient qui apporte volume et structure à une formulation alimentaire sans contribuer de façon significative à sa valeur énergétique. L'érythritol joue ce rôle dans Süvy.
Anjac : groupe industriel français de 3 000 salariés et 800 millions d'euros de chiffre d'affaires, spécialisé dans la sous-traitance santé-beauté. Propriétaire des Laboratoires Innovi depuis 2018.
Brevet : titre de propriété intellectuelle qui confère à son détenteur un monopole d'exploitation sur une invention pendant 20 ans maximum. Süvy est le 27e brevet déposé par Innovi.
EFSA : Autorité européenne de sécurité des aliments, organisme scientifique indépendant qui évalue les risques liés à l'alimentation dans l'Union européenne.
Érythritol : polyol naturellement présent dans certains fruits, produit industriellement par fermentation grâce à la levure Moniliella pollinis. Apporte 0,2 kcal/g et un indice glycémique de 0.
Fermentescible : qualité d'une fibre qui peut être fermentée par les bactéries du côlon pour produire des acides gras à chaîne courte bénéfiques. Le polydextrose est une fibre fermentescible.
GRAS : Generally Recognized As Safe, statut accordé par la FDA américaine aux substances alimentaires jugées sûres par consensus d'experts qualifiés.
Indice glycémique : mesure de la vitesse à laquelle un aliment élève le taux de glucose sanguin. L'échelle va de 0 (aucun effet) à 100 (glucose pur). Süvy a un IG inférieur à 2.
Innovi (Laboratoires) : laboratoire français de recherche et développement fondé en 1997 à Layrac (Lot-et-Garonne), spécialisé en formulation cosmétique, nutraceutique et agroalimentaire. Créateur de Süvy.
Moniliella pollinis : levure naturellement présente sur les fleurs, utilisée industriellement depuis 1990 pour produire l'érythritol par fermentation de sucres simples. Ne produit ni alcool, ni gaz, ni sous-produits indésirables.
Polydextrose : fibre alimentaire soluble d'origine végétale, fermentescible, utilisée comme agent de charge et prébiotique. Second ingrédient principal de Süvy.
Prébiotique : substance alimentaire non digestible qui stimule la croissance ou l'activité de bactéries bénéfiques dans le côlon, notamment les bifidobactéries.
Réaction de Maillard : réaction chimique entre sucres réducteurs et protéines à la cuisson, responsable du brunissement et des arômes de grillé. L'un des 30 rôles techniques du sucre.
Substitut de sucre : ingrédient destiné à remplacer le saccharose dans une préparation alimentaire en reproduisant tout ou partie de ses fonctions gustatives et technologiques.
Süvy : substitut de sucre breveté lancé en septembre 2025 par les Laboratoires Innovi. Combinaison d'érythritol et de polydextrose dans une matrice propriétaire. 27e brevet Innovi.
Sources
Le Journal des Entreprises, « Innovi lance un vaste investissement industriel pour remplacer le sucre », 2025. https://www.lejournaldesentreprises.com/article/innovi-lance-un-vaste-investissement-industriel-pour-remplacer-le-sucre-2122346
Agra Innovation, « Alexandra Fregonese (Innovi) : Süvy reproduit toutes les fonctions du sucre sans aucune de ses conséquences métaboliques », 2025. https://www.agra.fr/agra-innovation/alexandra-fregonese-innovi
Process Alimentaire, « Innovi fait sa révolution avec son substitut de sucre Süvy », 2025. https://www.processalimentaire.com/ingredients/innovi-fait-sa-revolution-avec-son-substitut-de-sucre-suvy
Anjac Health & Beauty, communiqué de presse « Innovi révèle Süvy », juillet 2025. https://www.anjac.com/innovi-anjac-health-beauty-revele-suvy/
Agro Media, « Les laboratoires Innovi dévoilent un substitut révolutionnaire au sucre », 2025. https://www.agro-media.fr/actualite/les-laboratoires-innovi-devoilent-un-substitut-revolutionnaire-au-sucre-63328.html
RIA (Revue de l'Industrie Agroalimentaire), « Les Laboratoires Innovi créent un substitut au sucre de nouvelle génération », 2025. https://www.ria.fr/innover/ingredients/les-laboratoires-innovi-creent-un-substitut-de-sucre-nouvelle-generation/
EFSA Panel on Food Additives and Flavourings, « Re-evaluation of erythritol (E 968) as a food additive », EFSA Journal, décembre 2023. https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2023.8430
OMS, « Alimentation saine — recommandations sur les sucres libres ». https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/healthy-diet
La Vie Économique, « Innovi : à fond l'innovation ! ». https://www.vie-economique.com/actualites/innovi-a-fond-linnovation/
Süvy : 7 années de science concentrées dans un grain
Derrière chaque cuillerée de Süvy, il y a un calendrier de laboratoire long de 2 555 jours, une équipe de quinze chercheurs à Layrac, et un procédé breveté qui transforme deux ingrédients connus en un remplaçant complet du sucre. Ce n'est pas une histoire de promesse marketing. C'est une histoire de temps de recherche assumé.
Süvy est le premier remplaçant du sucre au monde, fruit de 7 ans de recherche par les Laboratoires Innovi. 100 % naturel, sans calorie vide, sans pic glycémique, il reproduit toutes les fonctions du sucre — goût, texture, caramélisation — sans en avoir les inconvénients.